Hier j’ai mangé des pâtes au thon. J’ai eu envie d’écrire ça. Hier il faisait chaud et moite et j’ai aussi eu envie d’écrire ça. J’ai eu envie d’écrire la frustration sourde, le lourd ennui qui pèse derrière les oreilles, sur les cervicales. Sur l’âme aussi. La médiocrité des journées d’orage quand l’orage ne crève pas. La sensation d’étouffer dans la semoule. De se noyer dans l’eau tiède. L’ambivalence umami qu’on éprouve face à la mort et l’amère recherche d’oblivion, de paradis artificiels et d’enfers duveteux. Qu’elle est forte l’envie de se foutre en l’air quand on se fait des pâtes au thon. Même aromatisées au citron, au paprika aigre-doux et aux herbes de Provence. Qu’elle est faible l’envie d’autre chose que celle là. Qu’elle est faible l’envie. Hier le monde était nul, aujourd’hui aussi depuis 12 jours. Il y a douze jours dix-neuf heures et vingt-neuf minutes j’ai arrêté de fumer.
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